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LOUDUN - Stèle Guerre 1939-1945

Liste des Loudunais P.G et Soldats
morts pendant la guerre 1939-1945

 
AUBERT Jean Michel Abel (*)   Page
BOULY Georges (*)  Page
BOUTIN Jean-Marc (*)    Page
BOUTOLLEAU Henri (*)   Page
BRAGUIER Pierre Robert   SGA
BRUNET Pierre (*)   Page
CAYER Pierre   Page
COURAULT Marius  Page
CHAUVEAU Marcel  Page
COMBES René (*)  Page
DOUILLON Marcel (*)  Page
DROUET Gilbert (*)  Page
GREMILLET Lucien  Page
ISIDORE Roger (*)  Page
JAMAIN Pierre  Page
JEANJEANNE Marcel (*)   Page
JULIEN Edouard (*)  Page
LAMBERT Maurice  Page
MASSE Jean (*)   Page
PERRINEAU Marc (*)   Page
PINEAU Henry  Page
REGNIER Marcel  Page
RIDET Jules  Page
SAVOIS (SAVOIE) Roger   Page
SCHMIDT Marcel René (*)  Page
SODE Alexandre (*)   Page
TALON Georges (Antoine)  Page
TREMBLAY Gaston (*)   Page
VAUDELEAU Ulysse   Page
VIVIERS Adelson (*)  Page
  
(*) ne figure pas sur la stèle  Guerre 1939-1945
Loudun Monument aux morts Stèle Guerre 1939-1945

Discours de M. André Colas au Banquet du 18 novembre 1945

à l'occasion de la Fête du Retour des Prisonniers

 

                      Monsieur le Maire,

                      Monsieur le Président,

                      Mesdames, Messieurs,

                      Chers Amis.

 

             C'est pour moi un grand honneur que de représenter à ce banquet la section Loudunaise des Déportés et Internés Patriotes, et vous me permettez, tout d'abord, d'en remercier le Comité des Prisonniers de Loudun.

              Depuis juillet 1940, la plupart d'entre vous, ont vécu, en Allemagne, la dure vie des Camps et des Commandos ; vie de privations, d'angoisses et de misères, où vous n'étiez reliés à notre pays de France que par des lettres trop rares et soigneusement censurées et ou quelques colis venaient de temps à autre apporter un peu de douceur à votre exil.

             Le régime auquel vous étiez soumis, aussi dur qu'il ait été, et contrairement à ce que le Boche pensait obtenir par de belles promesses, ne vous a jamais fait perdre un seul instant la foi en votre pays, et l'espérance d'une défaite irrémédiable de nos ennemis.

              Ce sont là vos titres de gloire. Assaillis de tous côtés, sollicités de toute part, harcelés par une propagande perfide, vous avez tenu bon, et vous n'avez pas donné au Boche cette aide, qu'il escomptait de vous, pour gagner la guerre et nous imposer sa domination.

              Vous avez tenu malgré la faim le froid et le cafard !

              Vous avez tenu malgré la honte d'une défaite qui vous livrait à l'ennemi pieds et poings liés !

              Vous avez tenu enfin, malgré la terreur que l'on faisait régner autour de vous !

              C'est pour tout cela que les français sont fiers de vous et que vous avez bien mérité de la Patrie.

              Mais il en est d'autres qui ont également bien mérité de la Patrie.

              Je veux parler ici des femmes, des enfants, des parents de prisonniers qui ont su, malgré l'angoisse d'une attente sans cesse rendue plus pénible par la crainte d'un sursaut des brutes nazies, et par la hantise des bombardements aériens de l'Allemagne, garder au fond du coeur cet espoir qui est le propre de tous les Français dignes de ce nom.

               D'autres encore ont bien mérité de la Patrie, ce sont ceux qui, depuis 1940, ayant pris en main les rênes de vos organisations de secours, ont, en particulier, combattu pour confectionner et faire accepter par l'ennemi les colis qui vous rattachaient à cette terre de France que le Boche essayait de vous faire oublier.

                Je vous demanderai de faire une place toute spéciale à Monsieur Marcel Aymard, Maire de Loudun, décédé sous l'occupation, qui fut le promoteur et la cheville ouvrière de votre Comité, en donnant désormais son nom à celui-ci, car ils sont indissolublement liés l'un à l'autre.

                 Vous me permettez cependant de regretter ici, et je m'en excuse, l'indifférence montrée dans la plupart des cas, par les comités de secours aux prisonniers envers les déportés et internés politiques. Cette indifférence, qui pouvait se comprendre sous l'occupation allemande, n'avait plus sa raison d'être, dès la fin des hostilités en Europe, et il aurait été souhaitable qu'au moment de leur rapatriement, leur titre de combattants civils et les souffrances qu'ils avaient endurées, les aient fait admettre d'office dans la grande famille des prisonniers de guerre.

                 La Croix Rouge doit, elle aussi ; avoir une mention spéciale ; bien souvent brimée, elle ne s'est jamais rebutée et, par sa persévérance et sa ténacité elle a pu arriver à obtenir quelques améliorations au régime auquel vous étiez soumis. Pour elle, pas besoin de louanges particulières, son oeuvre est d'une telle envergure que c'est à l'échelle mondiale que l'on doit en juger les mérites et en apprécier les bienfaits.

                   Votre retour parmi nous, s'il est douloureusement marqué par des absences trop nombreuses a cependant déchaîné une explosion de joie dont la manifestation d'aujourd'hui est la vibrante image.

                    Cette fête du retour qui marque, nous voulons tous le croire la fin d'une ère de cruauté et de massacre, n'a été rendue possible, que par la rapidité de l'écroulement d'un régime de terreur qui a ensanglanté le monde entier.

                     Cet écroulement, si nous le devons aux armées alliés, et en particulier aux armées anglaises, américaines et russes, auxquelles toute notre reconnaissance est acquise, nous le devons également à celui, qui, en galvanisant l'esprit indomptable des Français, a réussi, malgré 1940, à imposer dans le monde le respect et l'admiration de la France.

                     Le Général de Gaulle, âme de la résistance française, auquel revint l'honneur, à la suite du vote unanime de l'Assemblée Constituante du 13 novembre 1945, de personnifier l'unité de la France, doit être pour nous un exemple.

                      Au dessus de toute politique et de toute idéologie, au dessus de toutes les querelles et de toutes les passions, nous devons, tous unis autour du Général de Gaulle, montrer au monde le vrai visage de la France Nouvelle.

                       Ce visage, sur lequel se lisent l'Honneur, la Franchise et le Courage ne symbolise t-il pas, pour nous, Français, cet idéal de justice et de liberté, pour lequel nous avons tous combattu, et que je vous demande d'exalter une fois de plus en chantant tous, debout, la Marseillaise.

 

M. André Colas Président de la Section Loudunaise des Déportés et Internés Patriotes