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PICHOT Étienne


 
PICHOT Étienne
Monts-sur-Guesnes 2 Mars 1781 - Monts-sur-Guesnes 10 Avril 1867
Medaille de Sainte Helene
Fusilier incorporé le 11 Floréal an 11 au 60e Régiment de Ligne 4e Bataillon 6e Compagnie. 
Au 4e Bataillon 1ère compagnie en 1809. 
 
A fait les campagnes des années 14 - 1806 - 1807 - 1808 rt 1809. 
Passé à la Garde Impériale le 12 mai 1811.

PICHOT Etienne RM
Mémoire des Hommes - 60e régiment d'infanterie de ligne. An XII-1815 -   24 vendémiaire an XII-9 pluviôse an XII
 
Étienne PICHOT :  
Un Grognard montois qui a parcouru plus de 10 000 km à pied
pour son Empereur !!! 
Étienne est le 4e enfant d’Antoine PICHOT et de Renée BAGOUIN. A sa naissance le 2 mars 1781, son père, maçon à Monts-sur-Guesnes, est âgé de 37 ans. 
Il s’engage comme soldat au 60e régiment de ligne le 14 floréal an XI (4 mai 1803). Il a alors 22 ans, son frère aîné Antoine est décédé depuis 20 ans, son frère Louis a épousé Marie-Anne ORILLARD et exerce le métier de marchand mercier, sa sœur Marie n’est pas encore mariée. 
Les campagnes d’Italie et de Dalmatie  
Étienne participe d’abord aux campagnes d’Italie : on le retrouve à Parme en 1803 et 1804, puis à Venise et Trévise en 1805.  
En mars 1806, il est en Dalmatie (région de la Croatie et de l’Albanie actuelles), il défend la ville de Raguse (actuellement Dubrovnik) contre les russes et les monténégrins. Il y reste jusqu’en 1810. En Dalmatie, le général MARMONT se plaint que les denrées de première nécessité manquent à son armée : les soldats sont restés 15 jours à ne manger que du poisson, nourriture trouvée malsaine par la troupe non habituée à ces mets. Aussi, le général en chef défend d’en continuer la distribution et prend des mesures pour assurer l’alimentation en viande fraîche pendant 15 jours. Les soldats n’ont pas non plus reçus de solde depuis deux mois. 
Le régiment quitte Raguse dans la dernière quinzaine de décembre 1810, et à la date du 15 janvier 1811 nous le retrouvons à Toulon : les 1500 km qui séparent les deux villes ont été effectués au rythme de 50 km par jour pendant 30 jours !! 
Le 1er juillet 1811, Étienne PICHOT est incorporé au 1er régiment de chasseur à pied de la vieille garde, corps d’élite de la grande armée. 
Les critères pour rejoindre la vieille garde sont très stricts : 
- conduite exemplaire 
- être reconnu et cité pour un exploit (éventuellement une blessure de guerre) 
- avoir fait si possible 3 campagnes dans la Grande Armée 
- mesurer au moins 1,76 m 
- savoir lire et écrire. 
En retour, ces soldats ont une solde plus conséquente par rapport au reste de la Grande Armée. Cette "richesse" est affichée : l'uniforme de la Vieille Garde est élégant et rempli d'ornements dorées. Ils ont de plus le droit de se plaindre sans être punis. Ils ne se retenaient pas, même devant l'Empereur. Cela leur valut le surnom de "Grognards". 
La taille (grande pour l'époque) contribue beaucoup lors des combats de mêlée où l’ennemi est impressionné de se battre contre des "géants" qui de plus, portaient une coiffure très haute. 
La campagne de Russie 
Le 23 juin 1812, Étienne PICHOT est avec l’essentiel de l'armée, soit 600 000 combattants et 2 200 bouches à feu, cantonné près du fleuve Niémen pour le départ d’une terrible campagne, la campagne de Russie. 
Le 17 août 1812, l’armée est à Smolensk. Le 7 septembre 1812 est livrée la bataille appelée, par les Français, de « la Moskova », et par les Russes de « Borodino ». 
Le 14 septembre, l’Empereur fait son entrée dans Moscou avec sa garde et le premier corps dont fait partie Étienne PICHOT. Napoléon entre dans une ville déserte. Aussitôt les russes déclenchent un incendie, détruisant la ville à plus de 90%.  
Siégeant dans une ville en ruines sans avoir reçu la capitulation russe, et face à une manœuvre russe le poussant à quitter Moscou, Napoléon entame sa longue retraite qui commence le 18 octobre.  
À partir de novembre 1812, l’hiver russe cause de nouveaux tourments à l’armée française : les soldats et les chevaux commencent à mourir de faim, de froid et de fatigue durant la marche. Puis vient la traversée de la Bérézina où plus de 10 000 français perdent la vie.  
Les pertes de la campagne de Russie sont très sévères. Du côté français, le bilan est d’environ 200 000 morts (la moitié au combat et le reste de froid, de faim ou de maladie) et de 150 000 à 190 000 prisonniers tombés entre les mains de Koutouzov. Pour le reste, 130 000 soldats quittent la Grande Armée au cours de la marche sur Moscou et près de 60 000 se réfugient chez des paysans, nobles et bourgeois russes. Seulement 30 000 soldats sur les 600 000, soit seulement 5 %, repassent le Niémen avec Murat le 14 décembre 1812 : Étienne PICHOT est de ceux-là. 
Après la campagne d’Allemagne en 1813, Étienne PICHOT participe à la campagne de France de janvier à avril 1814, sous les ordres de Cambronne, colonel-major du 1er régiment de chasseurs à pied. Napoléon 1er tente alors d'éviter ou d'arrêter l'invasion de la France et de conserver son trône. Malgré plusieurs victoires et après l'entrée des troupes prussiennes et russes dans Paris, l'empereur abdique le 6 avril 1814 et part en exil à l'île d'Elbe. 
Après le retour en France de l’Empereur et les Cent Jours qui suivirent, c’est la bataille de Waterloo le 18 juin 1815. Ce fut la dernière bataille à laquelle participa Étienne Pichot et il a peut-être entendu les fameux mots attribués à Cambronne, le major de son régiment « la Garde meurt mais ne se rend pas » et « Merde ! ». 
Étienne PICHOT sera congédié de l’armée le 27 octobre 1815, il aura passé plus de 12 ans dans l’armée et parcouru plus de 12 000 km à pied !!! 
Quelques batailles auxquelles il a participé : 
1809 :  
Bataille de Wagram 
1811 : 
Bataille de San-Pedro 
Bataille d'Aois 
1812 : 
Bataille de Krasnoé 
Bataille de Smolensk  
Bataille de La Moskowa 
La Bérézina 
1813 : Campagne d'Allemagne 
Bataille de Leipzig 
1814 : 
Bataille de Vauchamps 
Bataille de Bar-sur-Aube 
Bataille de Craonne 
Bataille de Paris 
1815 : 
Bataille de Waterloo 
De retour à Monts-sur-Guesnes, alors agé de 34 ans, Étienne exerce le métier de marchand. Six mois plus tard, le 14 mai 1816, il épouse Radegonde GUILLOU, une jeune lingère de Monts. Ils auront trois enfants : 
Etienne-Paul né le 10 janvier 1818,  
Marie-Radegonde née le 15 août 1820, 
Octave né le 29 novembre 1825 
En 1857, Étienne PICHOT sera décoré de la médaille de Ste Hélène, médaille nouvellement crée par Louis-Napoléon Bonaparte qui « voulait honorer par une disposition spéciale les militaires ayant combattu sous les drapeaux de la France dans les grandes guerres de 1792 à 1815 ». Cette médaille commémorative sera accordée à tous les survivants.  
Étienne PICHOT décédera à Monts-sur-Guesnes le 10 avril 1867 à l’âge de 86 ans.

La famille PICHOT, une famille de maires de Monts-sur-Guesnes 
De la fin du XIXe au milieu du XXe, la famille PICHOT sera très impliquée dans la gestion de la municipalité de Monts-sur-Guesnes. Quatre membres de la famille seront maires :  
le petit-neveu d’Etienne, Justin PICHOT, petit-fils de son frère Louis, sera maire de 1882 à 1886, 
son petit-cousin par alliance, François MILLET-PICHOT, époux de Marie-Laure-Clémence PICHOT, sera maire et président du conseil d’arrondissement de Loudun de 1886 à 1900, 
son arrière-petit fils, Paul RAUD, descendant d’Etienne-Paul, sera maire de 1928 à 1946 et de 1947 à 1956, 
son arrière-arrière petit neveu, Maurice PICHOT, arrière-arrière petit-fils de de son frère Louis, sera maire de 1957 à 1965. 

Etienne et Pierre PICHOT Curés de Monthoiron  
Etienne PICHOT né le 27/12/1734 à Monts-sur-Guesnes, a été curé de Monthoiron de 1765 à 1782. 
En 1782, son frère, Pierre PICHOT né le 01/04/1744 à Monts-sur-Guesnes le remplace comme curé de Monthoiron. Avant d’occuper ce poste, il a été vicaire de St Pierre à Loudun. 
Par la constitution civile du clergé adoptée le 12 juillet 1790, les prêtres deviennent des fonctionnaires ecclésiastiques et sont tenus de prêter serment à la constitution à partir de janvier 1791.  
Pierre PICHOT refuse de prêter serment. Il est considéré comme prêtre réfractaire et condamné par le tribunal révolutionnaire le 28 ventôse an 02 à être déporté.  
Il périt sur les pontons au large de l’île Madame. Décédé dans la nuit du 24 au 25 août 1794, il est inhumé dans l’Île Madame. 
Alain BOURREAU 
1er août 2015