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BABOUARD Pierre Marie Jean Robert
Loudun 30 juin 1892 - Esnes 7 mai 1916 
Abbé  - Sergent


      

BABOUARD Pierre

Acte de naissance
Registre Matricule
Mémoire des hommes - SGA
Histoiredeguerre Babouard Pierre
Loudun - Monument aux morts
Loudun - Plaque Hôtel de Ville
Loudun - Plaque Eglise St Pierre
Journaux des unités 125 RI
La Grande Guerre du XXe Siècle -
Morts Glorieuses  Gallica
Les séminaristes de Saint-Sulpice morts au champ d'honneur 1914 - 1918  Gallica
La Croix 7 Avril 1916  Gallica
Inscrit sous le N° 3 de la liste du canton de Loudun  
Incorporé à compter du 8 Octobre 1913. 
Arrivé au Corps le dit jour et soldat de 2e classe. 
Caporal le 20 février 1914. 
Sergent le 18 Octobre 1914. 
Passé dans la réserve de l'armée active le 1er octobre 1915. 
Tué à l'ennemi le 7 mai 1916 côte 304. Esnes (Meuse). 
 
Campagnes 
En guerre contre l'Allemagne du 2 août 1914 au 7 mai 1916. 
 
Blessures, Citations, Décorations. 
Blessé le 10 novembre 1914 à St Julien - Belgique. 
Blessé le 5 janvier 1915 à Zonnebecke - Belgique. 
Blessé le 11 mai 1915 à Loos - Pas de Calais. Plaies au bras gauche et dans la région lombaire par éclats d'obus. 
Cité à l'ordre du régiment N° 52 le 6 mai 1915. Trois fois blessé depuis le début de la campagne s'est toujours distingué par son courage et son énergie. Vient encore de se faire remarquer par son attitude de l'explosion d'une mine ennemie dans sa tranchée. 
Cité à l'ordre du Corps d'Armée n° 176 du 15 février 1916. Très brave plein d'entrain d'allant et de dévouement, grièvement blessé le 11 mai 1915 en se portant à l'attaque des tranchées ennemies en tête de sa section, s'était précédemment distingué dans plusieurs circonstances par sa belle attitude au feu. 
 
Croix de Guerre.
Archives Départementales de la Vienne - Registres matricules - Châtellerault 1912 847-1000
 
Pierre Babouard naquit à Loudun, le 30 juin 1892, son enfance s’écoula, dans une maison située place de la Boeuffeterie, proche du chevet de Saint-Pierre, à l’ombre du vieux clocher gothique. 
La maison paternelle, l’église paroissiale et l’école chrétienne : voilà les trois influences qui ont servi à façonner son âme d’enfant selon les desseins que Dieu avait sur lui. 
Ce fut une enfance très protégée. Il sortait peu pour jouer au dehors avec les camarades. La maison lui suffisait. Il y tenait, d’ailleurs, beaucoup de place, étant très actif dans ses jeux solitaires. Tantôt il alignait ses soldats sur la table ou sur le plancher, tantôt il lisait, tantôt il dressait des autels et chantait la messe, revêtu d’ornements en papier peint qu’une amie de la famille se plaisait à lui confectionner. 
A sept ans et demi, il fut admis comme enfant de cœur à l’église paroissiale de Saint-Pierre. Ce fut un des évènements considérables de sa vie d’enfant. La pensée du sacerdoce était déjà ancienne dans cette jeune âme, au contact de l’autel, il la sentit se préciser et se fortifier. Avec la promptitude qu’il mettait en toutes choses, il voulut devenir le plus tôt possible maître des cérémonies, pour avoir aux offices une part plus active. Pierre assista, en avril 1901, au triduum organisé pour la glorification de Jean-Charles  Cornay, enfant de Loudun, missionnaire mort au Tonkin, en 1837. Il vit, l’année suivante, le baptême d’une cloche, nommée Jean-Charles, en l’honneur du Bienheureux martyr. 
Le petit enfant de cœur regardait de ses yeux vifs. Il se sentait heureux d’être en bonne place, de paraître quelqu’un par les fonctions qu’il remplissait. 
Il était souvent question, dans la famille, de la vocation de Pierre. Les parents modéraient l’impatience de l’enfant. Il fallait, pour décider, attendre la première communion. 
Le grand jour arriva : il dit alors « Je fis de mon mieux la retraite préparatoire, et pour la première fois, Dieu descendit dans mon âme. Je priai beaucoup et demandai à Jésus si vraiment je devais être son prêtre. Désormais j’étais fixé. » 
Il entra le 6 octobre 1905, comme élève de quatrième, au petit séminaire de Montmorillon. En décembre 1906, suite à la loi de séparation des Églises et de l’Etat, le petit séminaire était expulsé du bel établissement qu’il occupait depuis un siècle. Il se réfugiait à Poitiers, au collège Saint-Joseph.    C’est là que Pierre acheva ses humanités. 
La retraite de novembre 1907, au début de  sa seconde, est une de celles qui marquent le plus dans sa vie. Pierre vient d’être appelé à prendre la soutane et en fait part avec grand enthousiasme à sa famille. Quelques mois après, le 4 avril 1908, c’est une autre grande grâce, la tonsure. 
En mars 1909, appel à l’ordre de portier, puis il entre au Séminaire de  St-Sulpice d’ Issy-les-Moulineaux. Il reçoit, le 1er juin 1912, les trois derniers des ordres mineurs. 
Mais le moment approche où il devra quitter le séminaire pour la vie de soldat. Il y pense, à l’ordination du 17 mai, quand  ses confrères et ses amis se donnent définitivement à Dieu, sous le sous-diaconat et que lui il reste en arrière pour bien des années. 
Il est convoqué le 1er octobre au 125° Régiment d’Infanterie de Poitiers. La caserne fut pour Pierre, l’occasion de beaucoup de sacrifices, il mit aux exercices du soldat presque le même entrain qu’il mettait jadis à la vie du séminaire. Puis arriva le 31 juillet 1914 la mobilisation générale… 
Pierre Babouard, devant ces perspectives d’avenir imprévues et menaçantes, se réfugie dans les pensées de la foi : « l’heure est grave, écrit-il à ses parents, nous sommes entre les mains de Dieu. » 
Le 28 octobre 1915, il écrit des tranchées au nord-est d’Ypres: 
  - « nous avons repris le dur travail ; tranchées au contact de l’ennemi, marche en avant de tranchée en tranchée. Les balles sifflent et, de temps en temps, font quelque vide parmi nous. Plusieurs camarades sont tombés ces jours-ci. J’ai assisté un agonisant. » 
Il écrit le 17 novembre « vers quatre heures du matin, un bombardement sérieux se déclenche et nous tue quelques hommes. Puis, les allemands nous attaquent à la baïonnette. On les aperçoit à peine, dans le demi-jour. Nous dirigeons vers eux une vive fusillade. Ils chargent jusqu’à trois reprises différentes. A chaque fois ils sont arrêtés, et finalement ils se replient. Le résultat fut merveilleux. Bien peu regagnèrent leurs tranchées. J’en ai pour ma part abattu quatre ou cinq. » Il ajoute : 
« Le même jour, je l’ai échappé belle. Deux balles ont déchiré mon képi. Une troisième m’a écorché légèrement, à droite de la tempe. Petit avertissement de la Providence, qui tient à nous faire savoir que nous sommes toujours entre ses mains. » 
Plus d’une fois il a risqué sa vie pour approcher un camarade tombé dans un endroit dangereux, lui appliquer un pansement, lui adresser quelques paroles de réconfort. 
Quand il parlait des blessés qu’il avait pansés, des mourants qu’il avait assistés, il ajoutait fréquemment : 
           « Quel dommage de ne pas être prêtre, de ne pas pouvoir dire la parole qui pardonne ! » 
Son capitaine le propose pour une citation, qui est inscrite, à la date du 6 mai, à l’ordre du régiment : 
Trois fois blessés depuis le début de la campagne, s’est toujours distingué pour son courage et son énergie, s’est fait remarquer dernièrement, au moment de l’explosion d’une mine ennemie dans sa tranchée. 
Puis blessé par un shrapnell alors qu’il s’élançait à la baïonnette sur les tranchées ennemies, Il est évacué sur Granville, à son retour, Il reçoit une citation à l’ordre de la division, datée du 18 mai. « Elle est, dans les mêmes termes que celle à l’ordre du régiment, avec cette addition : «  Blessé une quatrième fois en entraînant ses hommes à l’assaut. » 
A Verdun, le dimanche 7 mai 1916 dans l’après-midi sur les pentes sud-est de la cote 304. 
Alors que l’ennemi déclencha une forte attaque, le sergent Pierre Babouard sortit alors rapidement et mit sa batterie à découvert, La pièce ayant à peine tiré quelques bandes, un enrayage se produisit. Les Allemands continuaient d’avancer. Pierre était penché sur sa mitrailleuse pour rétablir le tir, quand une balle l’atteignit en plein front pour ressortir derrière la nuque. Il tomba à la renverse, absolument foudroyé, sans aucune souffrance, ayant comme d’instinct, croisé les bras sur sa poitrine. 
Dans notre cimetière, une plaque apposée sur la stèle de la tombe familiale abandonnée rappelle le sacrifice de ce héros. 
A la glorieuse  mémoire de M. l’Abbé Pierre Babouard Sergent mitrailleur au 125° d’infanterie mort au champ d’honneur le 7 mai 1916 à la cote 304 à Verdun à 24 ans 
Croix de Guerre avec 3 citations 
Extrait du  livre du chanoine Paul Vigué
 
Le 7 Mai 1915 tombait à la Côte 304, à proximité du réduit "D", le sergent Babouard.
Pierre Babouard était né le 30 Juin 1892 à Loudun (86). Séminariste depuis le 6 Novembre 1905, élève au Collège Saint-Joseph de Poitiers jusqu'en 1909, où il intègre la communauté d'Issy. Incorporé le 1er Octobre 1913 au 125 ème RI, il poursuit son instruction et notamment le peloton des Caporaux. Il participe à toutes les campagnes du 125 ème au sein de la 7 ème Compagnie comme infirmier. Blessé en Belgique le 10 Novembre 1914, il refuse son évacuation. Il est nommé Sergent, employé comme chef de demie section et sera blessé encore deux fois de suite. De part son attitude exemplaire, le sergent Pierre Babouard a été cité une première fois le 6 Mai 1915 à l'Ordre du Régiment en ces termes : 
"Trois fois blessé depuis le début de la campagne, s'est toujours distingué par son courage, son dévouement et son énergie, s'est fait remarquer dernièrement au moment de l'explosion d'une mine ennemie dans sa tranchée". 
  
Le 11 Mai en sortant de sa position, il entraînait ses hommes à l'assaut, il est de nouveau blessé assez gravement au dos par l’explosion d'un schrapnell. Il refusa son évacuation préférant accompagner ses hommes. Sa blessure se compliquant, il sera évacué. Il sera de nouveau cité, cette fois au niveau de la Division en ces termes : 
"Blessé une quatrième fois en entraînant ses hommes à l'assaut". 
  
Après sa convalescence, Pierre reste au dépôt du 125 ème , à la caserne Sainte-Catherine en Août 1915. Il est affecté à l'instruction des jeunes recrues tout en continuant son oeuvre de séminariste.  
En Février 1916, il est cité par le Général Curé, commandant le IX ème CA en ces termes :  
" Pierre Babouard, sergent au 125 ème RI, 7 ème Compagnie, très brave sous officier plein d’entrain, et de dévouement, grièvement blessé le 11 Mai 1915 en se portant à l assaut des tranchées ennemies en tête de sa section, s'était précédemment distingué dans plusieurs circonstances par sa belle attitude au feu". 
  
Il rejoint le 125ème qui était au repos à Berck-sur-Mer, au sein de la 2ème Compagnie de Mitrailleuses.  
Le 1er Avril, il gagne avec son régiment les alentours de Verdun. Le 7 Mai, il gagne l'enfer de Verdun, la cote 304.  
Il se trouvait en soutien du 1er Bataillon dans des abris encore épargnés des coups au réduit"D". Suite à une attaque soudaine de l'ennemi, il dispose avec calme et sens tactique ses pièces face à l'avancée ennemie, distribue ses ordres de tir. Une de ses pièces s'est alors enrayée, il la rejoint et occupé à régler l'incident de tir, il fut atteint d une balle au front qui lui sortait par la nuque foudroyé sur le coup, probablement tirée par un tireur embusqué qui fut repéré par ses hommes, et taillé en pièces par des grenades. Malheureusement au moment de ramener son corps le bombardement reprit de plus belle et son corps ne fut pas ramené vers l'arrière. Dans cet endroit bouleversé, son corps ne fut jamais retrouvé. Le sergent Pierre Babouard était tombé en effectuant son devoir, il était aimé et apprécié de ses hommes et de ses chefs, il laissa un grand vide dans son entourage. 
Source "Une âme de séminariste et de soldat"
Remerciements : Christian TERRASSON Canalblog - 125ème R.I
 
      20 juin 1915
 
  21 Mai 1916   
 
 
Transcription de Décès - Mairie de Loudun
 
     31 Juillet 1921
 
 15 Mai 2014
Journal de Loudun 2 Aout 1915
Loudun - Remise de décorations à l'hospice
Collection Jacques SERGENT
8 Août 1915
11 juin 1916
13 Avril 1919
BABOUARD Pierre Tombe 2
BABOUARD Plaque Tombe
Photographie: Jacques Sergent
Photographies: Jacques Sergent
 
    18 Mail 2016  NR 2016 05 18 Poilus Mai 1916